Nous avons pris l’habitude avec Laure d’être ditirambiques sur les différentes choses que nous voyons depuis le début de notre voyage, et pour cause : pourquoi faire un article sur un lieu ou une activité qui n’en vaut pas la peine?
Et bien, c’est pourtant ce que je vais faire là, parce que tout de même un peu d’objectivité ne fait pas de mal, quand c’est bien nous le disons, et ce week-end nous sommes allés en Uruguay, c’était nul, il faut donc bien le dire aussi.
Renouvellement des visas oblige, tous les trois mois nous sommes contraints et forcés (par la junte militaire qui règne ici) de sortir du territoire argentin. La première fois notre charter nous a conduit dans la charmante ville de Colonia, de l’autre côté du Rio qui borde Bs As, du coté Uruguayen donc. Et histoire de découvrir autre chose nous avons décidé cette fois de tirer jusqu’à Montevideo, la capitale Uruguayenne. Aussitôt dit, aussitôt fait ( après 1h30 de bateau, 2h30 de bus, et pas mal d’attente entre les deux..).
Ah!!! Quelle belle idée.
Si la campagne uruguayenne n’est franchement pas vilaine (vert, et plutôt propre), la capitale c’est franchement autre chose : c’est gris et vraiment sale. Et comme c’est sale (voir les photos des parcs et de la mer, on invente rien!) et qui fait chaud, les moustiques ont envahis la ville. Les moustiques que dis-je, les mutants! Et les pharmacies ayant été dévalisées par les habitants avisés (eux), avec Laure on gratte encore nos « cloques » cinq jours après. Mis dans l’ambiance d’entrée de jeu, on a cherché un petit hôtel pour se mettre à l’abri, et un petit restaurant pour reprendre des forces, et on a découvert ainsi que cette ville peu accueillante se trouve, qui plus est, être une ville très chère (du moins beaucoup plus cher que Bs As).
Pas résignés, on s’est alors lancés le lendemain à la recherche des merveilles que pouvaient nous offrir cette ville. Mais on s’est vite rendus compte qu’il régnait dans ces rues tristes (et étrangement désertes pour un samedi en centre ville) une atmosphère vraiment particulière. De hauts et vieux immeubles noircis par les pots d’échappement, des places jonchées d’ordure, et des silhouettes qui se trainent dans ce décor: vieilles personnes dos courbés et termos de maté sous le bras, ou jeunes déchirés, bouteille de bière à la main. On se sent même pas en insécurité devant ces zombies qui ne donnent même pas l’impression de pouvoir agresser qui que ce soit. Les multiples campagnes de pub contre la drogue dans la rue et sur les avenues confirmant cette sale impression d’une jeune population KO sous l’héro.
Et si l’arrivée sur la jetée et la plage laisse penser une minute que le décor va s’arranger, on déchante vite à la vue d’un poisson (ou mollusque? on a donné notre langue à Julien Lepers) crevé sur la plage, gisant, baignant au gré des va et vient des vagues verdâtres (d’où vient cette couleur vert vif dans la mer?…Julien?). On a donc longé ce Rio (d’où on a pris cette photo du couple qui résume à elle seule le week-end) sous la chaleur uruguayenne, avec d’un coté le glauque des ordures ramenés par l’eau et de l’autre les rangées interminables de « HLM », les bras et les jambes toujours couverts de moustiques. Et c’est ça qui déçoit à Montevideo, c’est qu’il ne s’agit pas d’une pauvreté et d’une saleté à nu telles que dans les villes les plus misérables du monde (façon Katmandou ou New Delhi), il s’agit bien d’une ville bâtie, aux blocs de béton bien haut et bien solides, comme autant de forteresses sordides. Une ballade dans certains quartiers français pourrait sans doute faire le même effet…
Cocktail donc indigeste : drogue, misère, pas d’issue. Tout étant lié évidemment. Mon ancien cher professeur de fac G.Frêche, passé maître de la « phrase d’accroche »parlait de Montpel en disant : « le Sud comme on l’aime » (hein Romain?); ben franchement avec Laure on dirait de Montevideo « L »Amérique du Sud comme on l’aime pas ». Ce qu’il restait de bâtiments et monuments de l’ancienne ville a été bétonné (à l’image de l’ancienne porte de la ville qui a été complètement renforcée de parpins sur toute une face), encerclé d’édifices immondes, et de bars de nuit. Dans le pauvre marché du port, le dimanche à midi, les rues étaient encore désertes et souillées des beuveries de la veille, on a pas trouvé un fruit! Juste croisé trois personnes qui se sont trainées jusque dans la catédrale pour ne pas rater la messe.
Ah les messes, les croix, les saints! Les murs des ramblas étaient couverts d’inscription annonçant le retour de Jésus.
Mouais, il reviendra. Peut-être. Mais pas tout de suite. Et nous non plus.
Audrick
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